Chaque jour en France, des milliers de personnes, très majoritairement des femmes, subissent de la violence verbale dans leur couple. Et contrairement à ce que beaucoup pensent encore, la violence conjugale ne se résume pas aux coups. Les mots font mal. Parfois même plus que les gestes, parce que les blessures psychologiques qu'ils causent ne se voient pas, mais elles restent.
Vous vous posez peut-être cette question : est-ce que les insultes répétées de mon conjoint, ses humiliations devant les autres, ses menaces verbales, est-ce que tout ça, c'est vraiment de la violence conjugale ?
Oui. C'est de la violence.
La violence verbale de couple est reconnue par la loi comme une forme d'abus à part entière. Et vous avez le droit de vous en protéger. Dans cet article, je vais vous expliquer comment reconnaître les signes, quelles sont les conséquences sur votre santé (physique et mentale), et surtout quelles démarches juridiques vous permettront de sortir de cette situation.
La violence verbale conjugale, c'est l'usage répété de la parole pour humilier, rabaisser, contrôler ou intimider son partenaire. Il ne s'agit pas d'une simple dispute. Ni d'un conflit ponctuel comme il peut y en avoir dans tous les couples. En fait, c'est une dynamique de domination. L'un des conjoints cherche à prendre l'ascendant sur l'autre en utilisant les mots comme des armes.
Dans un conflit sain, les deux partenaires peuvent hausser le ton, se dire des choses qu'ils regrettent. Néanmoins, ces échanges restent ponctuels. Ils sont suivis d'excuses sincères, d'une volonté de résoudre le problème ensemble.
À l'inverse, dans la violence verbale, les attaques sont systématiques. Elles sont ciblées. Elles visent à détruire l'estime de soi de la victime.
Et il faut le dire clairement : la violence verbale peut prendre de nombreuses formes. Il est essentiel de savoir les identifier, pour ne pas minimiser ce que vous subissez. Beaucoup de victimes me disent : "Mais il ne me frappe pas, donc ce n'est pas si grave."
C'est faux.
Les conséquences de la violence verbale peuvent être aussi dévastatrices que celles des violences physiques. Parfois même pires. Parce qu'elles attaquent votre identité même, votre confiance en vous. Elles peuvent vous enfermer dans un état de soumission dont il devient très difficile de sortir.
Reconnaître que l'on est victime de violence verbale dans le couple, ce n'est pas toujours évident. D'autant que l'agresseur utilise souvent des stratégies de manipulation pour minimiser ses actes : "tu es trop sensible", "c'était pour rire", "tu le mérites".
Par conséquent, je vous propose ci-dessous une liste concrète des comportements qui caractérisent la violence verbale conjugale.
Les insultes, c'est la forme la plus évidente de violence verbale. Des propos pour vous rabaisser, vous humilier : "tu es nulle", "tu es moche", "tu ne vaux rien", "personne ne voudrait de toi".
Ces insultes peuvent être proférées en privé. Mais aussi devant vos enfants, vos amis, votre famille. L'humiliation publique est alors encore plus destructrice.
À savoir : même si votre conjoint s'excuse après vous avoir insultée, si ce comportement se répète, il s'agit bien de violence verbale. Les excuses font souvent partie du cycle de la violence conjugale.
Ce cycle se répète sans fin : une phase de tension monte progressivement, jusqu'à l'explosion violente, suivie d'une période de réconciliation (ce qu'on appelle parfois la "lune de miel"). Et puis tout recommence.
Le rabaissement se montre plus insidieux que l'insulte directe. Des commentaires anodins en apparence, quand on les prend un par un. Sauf que répétés jour après jour, ces petites phrases finissent par saper complètement votre confiance en vous.
Votre conjoint critique par exemple systématiquement votre apparence physique.
Vos compétences professionnelles. Vos qualités de mère. Votre intelligence. Vos choix. Vos goûts.
Certains conjoints violents excellent dans l'art de la dévalorisation subtile : ils ne vous insultent pas ouvertement, mais ils émettent des remarques acerbes, des comparaisons défavorables ("la femme de mon collègue, elle, sait cuisiner"), des critiques déguisées en conseils ("si tu perdais quelques kilos, tu serais mieux").
Cette forme de violence verbale est particulièrement pernicieuse car elle brouille les repères de la victime, qui finit par douter de sa propre perception de la réalité. Notez que je parle régulièrement de conjoint au masculin, mais ce type de violence n'est absolument pas l'apanage unique de l'homme.
L'humiliation publique est une forme aggravée de violence verbale. Elle consiste à vous rabaisser, vous ridiculiser ou révéler des informations intimes vous concernant devant d'autres personnes : vos enfants, votre famille, vos amis, vos collègues.
L'objectif est double : vous faire honte et vous isoler socialement (car vous finirez par éviter les sorties pour ne plus subir ces humiliations).
Les menaces constituent une forme de violence verbale particulièrement grave, car elles instaurent un climat de peur permanent. Ces menaces peuvent viser :
"Je vais te frapper", "attention à ce qui va t'arriver".
"Je te les enlèverai", "tu ne les reverras jamais".
"Je te mettrai à la rue", "tu n'auras pas un centime".
"Je raconterai à tout le monde que tu es folle".
"Si tu me quittes, je me suicide". C'est du chantage affectif pur et simple.
À savoir : les menaces de mort sont une infraction pénale distincte, réprimée par l'article 222-17 du Code pénal. Elles peuvent être poursuivies en justice même si elles ne sont jamais mises à exécution.
La violence verbale de contrôle prend la forme d'ordres, d'interdictions et d'injonctions qui restreignent votre liberté.
Quelques exemples : "tu ne sortiras pas habillée comme ça", "tu n'iras pas voir cette amie", "tu ne travailleras pas", "montre-moi ton téléphone".
Pourquoi agit-il ainsi ? Pour vous priver de votre autonomie et vous garder sous son emprise.
Beaucoup de victimes mettent du temps à identifier ce contrôle comme de la violence. L'agresseur déguise souvent ses comportements en preuves d'amour : "c'est parce que je t'aime que je veux savoir où tu es". Ou bien il présente sa jalousie comme quelque chose de normal, voire comme une marque d'attachement.
Sauf que l'amour véritable ne fonctionne pas comme ça. Aimer quelqu'un, ce n'est ni le contrôler ni lui interdire quoi que ce soit.
Votre conjoint contredit tout ce que vous dites ? Systématiquement ? Il remet en question chacune de vos opinions, vous coupe la parole quand vous tentez de vous exprimer, ridiculise vos idées ?
Ce comportement vise un but précis : vous amener peu à peu à douter de votre jugement, de votre intelligence, jusqu'à ce que vous finissiez par vous taire.
Cette violence verbale va souvent de pair avec le "gaslighting" - terme anglais pour désigner la manipulation mentale. Concrètement, l'agresseur nie ce qui s'est passé, réécrit la réalité à sa façon et finit par vous convaincre que vous avez tort, que vous êtes "folle" ou "trop sensible".
Cette manipulation est redoutable : elle plonge la victime dans une confusion permanente où elle ne sait plus ce qui est vrai, ce qui est faux, et elle accepte progressivement cette soumission.
Vous vous demandez si ce que vous vivez, c'est vraiment de la violence verbale ? Regardez cette liste. Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces situations, alors oui, vous êtes probablement victime de violence verbale conjugale.
Même s'il s'excuse après. Même s'il dit que "ça ne se reproduira plus".
Il critique mon apparence : je suis trop grosse, trop maigre, mal habillée. Il critique mes capacités, mes choix de vie.
Tout le temps. Pour tout. Même quand je n'ai rien fait de mal.
Devant mes enfants. Devant ma famille. Devant mes amis. Il me ridiculise en public.
De me quitter. De me frapper. De m'enlever les enfants. Ces menaces reviennent sans cesse.
Mes opinions ne comptent pas. Mes décisions non plus. Systématiquement, il me contredit.
Et il m'interdit des choses : de sortir seule, de m'habiller comme je veux, de voir certaines personnes.
Il me fait culpabiliser, pour des choses dont je ne suis même pas responsable.
"Tu exagères". "Tu es trop sensible". "Tu dramatises toujours".
De le tromper. De négliger la maison. De choses que je n'ai jamais faites.
Ou alors il me punit par le silence. Parfois pendant des jours.
Toujours en ma défaveur. "Elle, au moins, elle sait faire à manger".
Pour parler de moi. Ou pour me parler.
J'adapte mon comportement en permanence pour éviter qu'il explose.
Les conséquences de la violence verbale sont multiples. Elles touchent tous les aspects de votre vie : physique, psychologique, émotionnel, social, professionnel.
Contrairement à ce qu'on entend encore, la violence verbale n'est pas "moins grave" que la violence physique. En fait, ses effets peuvent être encore plus dévastateurs sur le long terme.
Parce qu'ils s'attaquent à ce que vous êtes vraiment, au plus profond de vous.
Quand on vous répète sans cesse que vous êtes nulle, incompétente, moche ou folle, ces mots finissent par s'incruster dans votre esprit. Vous commencez à y croire. Votre confiance s'effrite peu à peu, vous doutez de vos capacités, de votre jugement, de votre valeur en tant que personne.
Beaucoup de victimes développent alors :
Même si la violence verbale n'implique pas de coups, elle attaque votre corps. Le stress chronique engendré par les agressions verbales répétées provoque des dégâts très concrets :
À savoir : selon plusieurs études médicales, les victimes de violence psychologique et verbale présentent des taux de cortisol (l'hormone du stress) anormalement élevés.
Ce surplus de cortisol finit par abîmer durablement votre santé physique.
La violence verbale dans le couple déborde largement du cadre domestique.
Elle contamine progressivement tous les domaines de votre existence.
Vous vous isolez socialement
Pour éviter les humiliations publiques. Ou parce que votre conjoint vous interdit de voir certaines personnes. Progressivement, vous refusez les invitations, vous prenez vos distances avec vos amis.
Vos relations familiales et amicales se détériorent
Vous n'osez plus parler de votre situation, alors vous inventez des excuses. Résultat :
Vos proches prennent leurs distances, sans vraiment saisir ce que vous traversez.
Vos performances professionnelles diminuent
Vous êtes épuisée en permanence. L'anxiété ne vous lâche plus. Résultat : impossible de vous concentrer correctement - vous multipliez les erreurs, vous oubliez ce qui compte. Si vos collègues ou votre patron remarquent ces changements, vous pourriez perdre votre travail.
Paradoxalement, nombreuses sont celles qui continuent à afficher un visage serein en société. Elles gardent le sourire, jouent le jeu des apparences. Du coup, personne autour d'elles ne soupçonne ce qu'elles endurent vraiment. Sauf que tenir cette double vie coûte énormément d'énergie et finit par détériorer encore davantage leur équilibre psychologique.
Je dois vous alerter sur un phénomène fréquent : la violence verbale conjugale bouge, elle ne stagne jamais longtemps. Au contraire, elle gagne en intensité au fil du temps.
C'est ce qu'on appelle "l'escalade de la violence".
Ce qui commence par des critiques anodines peut évoluer vers des insultes. Puis des menaces. Puis parfois des violences physiques.
La violence verbale prépare le terrain. En détruisant votre estime de vous-même, en vous isolant, l'agresseur vous rend plus vulnérable. Moins capable de réagir quand la violence s'aggrave.
Par conséquent, il est essentiel de réagir dès les premiers signes de violence verbale, sans attendre qu'elle ne dégénère.
Oui. La violence verbale conjugale constitue une infraction pénale en France. Même si votre conjoint ne vous frappe pas, même si "ce ne sont que des mots", la loi reconnaît la gravité de cette forme de violence et vous protège.
Plusieurs textes de loi permettent de poursuivre l'auteur de violences verbales :
"Le fait de harceler son conjoint, son partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou son concubin par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende lorsque ces faits ont causé une incapacité totale de travail inférieure ou égale à huit jours ou n'ont entraîné aucune incapacité de travail."
Cette infraction de harcèlement moral au sein du couple couvre parfaitement la violence verbale répétée. Elle ne nécessite pas de preuve de coups ni même d'incapacité de travail importante : la simple altération de votre santé mentale suffit.
Les menaces de mort ou de commettre un crime contre la personne sont punies de 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende (si elles sont accompagnées d'un ordre de remplir une condition) ou de 6 mois d'emprisonnement et 7 500 € d'amende (menaces simples).
Les injures non publiques (au sein du couple) constituent une contravention de 1ère classe, sanctionnée par une amende jusqu'à 750 €. Attention : si ces injures deviennent répétitives, la justice peut les requalifier en harcèlement moral - une infraction autrement plus grave.
Plusieurs situations alourdissent les peines encourues par l'agresseur :
• Les faits se déroulent devant un mineur (vos enfants)
• Une incapacité totale de travail (ITT) supérieure à 8 jours en découle
• La victime attend un enfant
• L'agresseur partage ou a partagé votre vie (conjoint, concubin, partenaire de PACS, ex-conjoint)
Cette dernière circonstance liée au lien conjugal n'est pas anodine. La loi reconnaît une gravité particulière à la violence quand elle provient d'un partenaire intime - précisément la personne qui devrait vous aimer et vous protéger.
Ces dernières années, la jurisprudence française a beaucoup évolué sur la violence verbale et psychologique. Les tribunaux prennent ces violences très au sérieux aujourd'hui, qu'il y ait eu des coups ou non.
La Cour de cassation l'a confirmé dans plusieurs décisions récentes : le harcèlement moral au sein du couple peut exister sans menaces directes. Ce qui compte ? Que les propos répétés aient dégradé les conditions de vie de la victime et altéré sa santé mentale.
Depuis 30 ans que je défends des victimes de violences conjugales, j'observe une vraie évolution : les juges prennent cette problématique beaucoup plus au sérieux qu'avant. Les auteurs de violence verbale écopent maintenant de sanctions réelles - prison avec sursis, amendes qui peuvent être lourdes, interdiction d'approcher la victime.
Vous êtes victime de violence verbale conjugale ? Vous n'êtes pas seule, et il existe des solutions. Je vous explique comment vous protéger et sortir de cette situation.
C'est la première étape, et elle est essentielle : accepter que vous êtes victime de violence.
Arrêtez de minimiser ("ce n'est pas si grave"). Arrêtez de justifier son comportement ("il est stressé par le travail", "c'est de ma faute"). Arrêtez de porter cette culpabilité qui ne vous appartient pas. La violence verbale n'a aucune justification, jamais, quelles que soient les circonstances.
Nommer ce que vous subissez - oser dire "je suis victime de violence verbale dans mon couple" - demande de la lucidité et du courage. Mais c'est par là que commence la libération.
Si vous envisagez des démarches juridiques, vous allez avoir besoin de preuves. Le problème avec la violence verbale, c'est qu'elle ne laisse pas de traces visibles comme les coups. Pas de bleus, pas de fractures.
Par conséquent, vous devez documenter ce que vous subissez. Constituer un dossier. Voici comment faire.
Allez voir votre médecin traitant. Ou un médecin légiste, si vous préférez. Expliquez-lui votre état psychologique : l'anxiété, la dépression, les troubles du sommeil, tout ce que vous ressentez.
Le médecin fera constater ces symptômes dans un certificat médical. Ce certificat est important. Il établit un lien entre votre état de santé et la violence que vous subissez.
Le médecin peut aussi fixer une ITT (incapacité totale de travail). Même si vous continuez à travailler, cette ITT sera prise en compte par la justice pour évaluer la gravité de la violence. N'hésitez pas à consulter plusieurs fois si la situation perdure. Chaque certificat compte.
Beaucoup de mes clientes me demandent : "Est-ce que j'ai le droit d'enregistrer mon conjoint ?"
Oui. Vous avez le droit. Même si votre conjoint ne sait pas qu'il est enregistré.
La loi vous autorise à enregistrer des conversations si c'est pour prouver une infraction dont vous êtes victime (article 427 du Code de procédure pénale). Ces enregistrements audio sont recevables devant les tribunaux.
Utilisez votre téléphone, un dictaphone, peu importe. L'important, c'est de capturer les insultes, les menaces, le ton employé. Sauvegardez ces fichiers dans un endroit sûr, pas seulement sur votre téléphone.
Conservez tous les SMS, emails, messages WhatsApp ou sur réseaux sociaux. Tout ce qui contient des insultes, des menaces, des propos dégradants.
Faites des captures d'écran. Sauvegardez-les dans un lieu sûr :
Ne laissez pas ces preuves sur votre téléphone si votre conjoint a l'habitude de le fouiller.
Chaque fois qu'un incident grave se produit, allez au commissariat. Vous pouvez déposer une main courante (c'est une simple déclaration, sans porter plainte). Ou vous pouvez porter plainte directement.
Ces dépôts créent une traçabilité. Ils prouvent que la violence est répétitive, qu'elle dure depuis longtemps. Ce n'est pas "juste une dispute ponctuelle" comme l'agresseur essaiera de le faire croire.
Des personnes de votre entourage ont-elles été témoins de scènes de violence verbale ? Votre famille, vos amis, vos voisins, vos collègues ? Ou ont-elles constaté votre état de détresse, vos changements de comportement ?
Demandez-leur de rédiger des attestations sur l'honneur. Même si elles n'ont pas assisté directement aux violences, elles peuvent témoigner de ce qu'elles ont vu, entendu, remarqué. Ces témoignages sont souvent déterminants dans les procédures judiciaires.
Je vous conseille de tenir un journal. Un carnet, un fichier sur ordinateur, peu importe le support. L'important, c'est de tout noter.
Pour chaque incident, consignez :
Ce journal pourra être produit comme élément de preuve. Il montre la fréquence, l'intensité, la répétition de la violence verbale.
Vous avez le droit de porter plainte contre votre conjoint pour harcèlement moral, menaces ou injures.
À savoir : les forces de l'ordre ont l'obligation de recevoir votre plainte. Si un agent refuse de prendre votre plainte pour violence verbale, demandez à parler au commissaire ou au commandant de gendarmerie, et mentionnez l'article 15-3 du Code de procédure pénale qui fait obligation aux services de police de recevoir les plaintes.
Je vous conseille vivement de vous faire accompagner par un avocat dès le dépôt de plainte. Ma présence ou celle d'un confrère spécialisé permet de garantir que votre plainte soit prise au sérieux, que tous les éléments juridiques soient correctement qualifiés, et que vos droits soient pleinement respectés.
Si vous êtes en danger, vous pouvez demander au juge aux affaires familiales une ordonnance de protection (articles 515-9 et suivants du Code civil).
Cette procédure d'urgence peut être mise en place très rapidement (sous 6 jours maximum après la saisine du juge) et permet :
L'ordonnance de protection ne nécessite pas que vous ayez déposé plainte au pénal, et elle peut être obtenue même en l'absence de violences physiques. La violence verbale et psychologique suffit à justifier cette mesure de protection.
En tant qu'avocate, je construis avec vous un dossier qui tient la route. Puis je porte votre demande devant le juge, en veillant à ce que tout soit en ordre.
Face à la violence verbale que vous subissez, consulter un avocat spécialisé n'est pas un luxe - c'est une nécessité. Mon intervention ne se résume pas à plaider votre dossier au tribunal.
Dès notre première rencontre, je prends le temps de vous écouter. Vraiment écouter, sans vous juger, en reconnaissant la réalité de ce que vous vivez. Ensemble, nous faisons le point sur vos droits - parce que beaucoup de victimes ignorent l'étendue des protections juridiques qui existent. Je vous explique les différentes voies qui s'offrent à vous, leurs avantages, leurs contraintes.
Ensuite, on bâtit votre dossier de preuves. Certificats médicaux, messages, enregistrements, témoignages - tout ce qui pourra convaincre le juge. Je vous guide pour rassembler des éléments solides, recevables devant les tribunaux. Parce qu'un bon dossier, ça fait souvent toute la différence.
Je vous accompagne dans toutes vos démarches : le dépôt de plainte au commissariat, la demande d'ordonnance de protection auprès du juge aux affaires familiales, la procédure de divorce si vous choisissez cette voie.
Vous ne serez jamais seule face à l'administration ou face à la justice.
Au tribunal, je porte votre parole devant les juges - que ce soit le juge pénal qui examinera la plainte, le juge aux affaires familiales pour l'ordonnance de protection ou les questions de divorce, ou encore le juge des libertés. Je négocie pour vous obtenir les meilleures conditions : modalités de garde des enfants, prestation compensatoire, tout ce qui compte pour votre avenir et celui de vos enfants.
Quand vient l'audience, je plaide votre cause avec toute la force et la détermination que mérite votre situation. Parce que vous n'avez pas à affronter ça seule.
Et au-delà de l'aspect purement juridique, je vous mets en relation avec d'autres professionnels si besoin : psychologue pour vous aider à vous reconstruire, assistante sociale pour les démarches pratiques, associations spécialisées qui connaissent intimement ces problématiques.
Il faut que vous sachiez quelque chose d'important : la violence verbale va presque toujours de pair avec la manipulation psychologique et la dévalorisation. Résultat ? Vous finissez par douter. Douter de vous, de vos droits, de votre légitimité à porter plainte. C'est exactement ce que cherche l'agresseur.
Mon travail, c'est aussi de vous aider à retrouver cette confiance qu'on vous a volée. De vous rappeler une chose toute simple mais essentielle : vous avez parfaitement le droit de vous défendre. De vous protéger. D'exiger le respect.
Vous n'êtes pas obligée de tout affronter seule. Il existe des associations spécialisées dans l'aide aux victimes de violences conjugales.
Le numéro national d'écoute pour les femmes victimes de violences. L'appel est gratuit et anonyme. Vous pouvez appeler 7 jours sur 7.
Police Secours. En cas d'urgence immédiate.
Numéro d'urgence par SMS. Pour les personnes sourdes ou malentendantes.
C'est la plateforme gouvernementale. Vous pouvez y signaler votre situation, être orientée vers les bons services.
Ces structures font bien plus que vous écouter. Elles vous apportent un soutien psychologique. Si vous devez quitter le domicile en urgence, elles peuvent vous héberger. Elles vous accompagnent aussi dans les démarches administratives, dans les démarches juridiques. N'attendez pas d'être à bout pour les contacter.
Si la violence verbale perdure malgré vos tentatives de dialogue, posez-vous cette question : est-ce que ça va vraiment changer un jour ?
Si votre conjoint refuse toute aide thérapeutique, si rien ne s'améliore, si la situation empire même, alors il faut regarder la réalité en face. La séparation est parfois la seule solution. Pour protéger votre santé mentale. Pour protéger votre santé physique. Pour sortir de cet enfer.
En tant qu'avocate en droit de la famille, je vous accompagne dans cette procédure de divorce. Il existe deux options principales :
La violence verbale est une violation grave des devoirs du mariage. Cette faute, si elle est prouvée, sera retenue par le juge. Cela peut jouer en votre faveur pour la suite.
Cette option est possible si vous êtes séparés depuis au moins un an. Plus simple à obtenir, mais ne permet pas de faire reconnaître la faute de votre conjoint.
Dans tous les cas, si la violence verbale est avérée et prouvée, elle aura un impact sur les décisions du juge. Sur la prestation compensatoire que vous pourriez obtenir. Sur la résidence des enfants. Sur le droit de visite de votre conjoint.
Le juge a pour mission de protéger vos intérêts et ceux de vos enfants. Il tiendra compte de cette violence.
Cela fait plus de 30 ans que j'accompagne des victimes de violences conjugales à Paris. Cette longue expérience me permet de vous apporter un accompagnement vraiment complet. Adapté à vous. À votre situation. Avec une dimension humaine que je n'oublie jamais.
Parler de ce que vous subissez, c'est difficile. Je le sais. Beaucoup de mes clientes m'ont confié qu'elles avaient mis des mois avant d'oser venir me voir. Parfois des années. La honte les retenait. Ou la culpabilité. Ou cette petite voix qui leur disait : "ce n'est pas si grave, il ne me frappe pas".
Je vous reçois dans un cadre confidentiel et bienveillant. Vous pourrez parler librement. Sans crainte d'être jugée. Mon rôle, c'est de vous écouter. De reconnaître la réalité de ce que vous vivez. De vous redonner confiance en votre capacité à vous sortir de cette situation.
Chaque situation de violence verbale est unique. Votre situation est unique. Êtes-vous mariée, pacsée, en concubinage ? Avez-vous des enfants ? Êtes-vous financièrement dépendante de votre conjoint ? Travaillez-vous ? Avez-vous des revenus propres ?
Toutes ces questions sont importantes. Parce qu'elles déterminent la stratégie juridique à adopter. Je construirai avec vous cette stratégie sur mesure. Qui répondra à vos besoins spécifiques. À vos objectifs. À ce que vous voulez vraiment pour votre avenir.
Si votre affaire aboutit à une procédure pénale (suite à votre plainte) ou civile (divorce, ordonnance de protection), je serai à vos côtés. Je vous représenterai devant les juges, avec force et détermination.
Je sais présenter les éléments de preuve de la violence verbale. Même quand elle ne laisse pas de traces physiques. Je sais plaider votre cause, trouver les mots justes pour faire comprendre au juge ce que vous avez vécu. Je sais obtenir les mesures de protection dont vous avez besoin.
Ma longue expérience dans ce domaine me permet aussi d'anticiper les stratégies de l'agresseur. Parce qu'elles sont toujours les mêmes, et je les connais par cœur, par exemple :
Il minimise ce qu'il a fait
"C'était juste une dispute", "je n'ai jamais été violent", "elle exagère tout".
Il retourne la situation contre vous
Vous êtes trop sensible, trop émotive, trop susceptible. C'est vous le problème, pas lui.
Il invoque un prétendu "conflit réciproque"
"On se disputait tous les deux", "elle aussi me criait dessus". Pour faire croire que vous êtes aussi coupable que lui.
Je connais ces tactiques par cœur. Et je sais exactement comment les démonter devant le juge.
Sortir de la violence conjugale, ça ne se limite pas à gagner une procédure. C'est un vrai parcours de reconstruction. Ça prend du temps. Vous aurez besoin de soutien. Pas seulement d'un avocat, mais souvent aussi d'un psychologue, d'une association, d'une assistante sociale.
Je travaille en réseau avec ces professionnels. Si vous en avez besoin, je vous mets en contact avec eux. Je ne vous laisse pas vous débrouiller seule une fois la décision du juge rendue.
La violence verbale dans le couple détruit à petit feu. Elle vous vole votre confiance. Votre joie de vivre. Votre sentiment de liberté.
Vous avez le droit de vivre sans avoir peur. Sans être constamment rabaissée, humiliée, contrôlée.
Si vous vous êtes reconnue dans les situations décrites dans cet article, agissez. Parlez-en à une personne de confiance. Contactez le 3919. Prenez rendez-vous avec un avocat spécialisé.
Le premier pas est toujours le plus difficile. Mais c'est aussi le plus important.
En tant qu'avocate engagée depuis plus de 30 ans dans la défense des victimes de violences conjugales, j'ai vu des dizaines de femmes retrouver leur dignité. Leur force. Leur liberté. Après avoir osé dire "stop".
Vous aussi, vous en êtes capable. Vous n'êtes pas seule. Vous êtes légitime à vous défendre. Vous méritez d'être respectée et protégée.
Je vous accueille dans mon cabinet au 3 Place Félix Éboué, 75012 Paris. Ou en consultation téléphonique si vous préférez. Ou en visioconférence.
Votre situation sera traitée en toute confidentialité. Avec réactivité. Avec humanité.